Lorsque je peins, c’est d’abord la recherche d’un état; sentiment de liberté et d’oubli de soi, qui me motive. C’est aussi le désir de créer un univers qui me plaît visuellement : un monde foisonnant, gai et un brin naïf, loin d’un certain pessimisme morbide que je perçois autour de moi dans la culture, les médias, l’art et qui m’affecte. Cet univers se construit autour du thème du jardin.

Le processus s’élabore directement sur la toile, la majeure partie du temps, le tableau posé à plat sur le sol. Je procède en oscillation constante entre le hasard et les choix. Je débute avec un élément clé qui m’aura précédemment allumée (un oiseau, une fleur), et le tableau se construit par couches d’accidents provoqués et d’éléments contrôlés, mêlant dessins, collage, éléments peints de façon réaliste, flaques de polymère, grands gestes avec de gros pinceaux, recouvrements, transparence, petits motifs, dans une composition où le vide côtoie le plein, où je veux garder visible des traces de chacune de ces couches; comme un historique de la construction du tableau.

Laisser voir de la toile nue est une chose qui m’a frappée et séduite chez plusieurs artistes contemporains, dont François Lacasse, de qui j’ai retenu aussi l’idée de verser la peinture sur la toile et de la contrôler sans pinceaux, en bougeant le tableau.

L’univers des enfants est aussi omniprésent dans mon travail. Étant enseignante au primaire, je me sens très proche d’eux, très sensible à leurs dessins, leur imagerie. Mon monde pictural se veut teinté de leur joie et leur naïveté, pour mieux faire oublier la dureté du monde où nous vivons.

Bio imprimable